On ne peut pas déchoir les binationaux

Ma petite amie Katia est née en France. C’est la fille d’une République qui rassemble les enfants nés sur son sol. Pas de sang « République Française ».
Katia s’est battue avec un consulat qui n’aime pas trop ces étrangers français afin de conserver son autre passeport. Un jour elle retournera voir sa grand-mère…
Ma petite amie est binationale. De quel droit pourrait-on lui enlever un peu d’elle même, et à moi, non ?

On ne peut pas me retirer la nationalité française. Je n’en ai pas d’autre. Les binationaux sont-ils alors des français d’exception ? À demi français ?
Pourquoi introduire cette distinction ?
Face à un crime, ils risqueraient plus que les autres – n’est-ce pas l’inégalité même ?

Le premier article du premier texte de notre constitution est clair, c’est ce que promet Marianne à tous ceux qui vivent sous ses ailes :
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
Les humains sont égaux devant la loi.
C’est simple.
Égaux en droits.
Quoiqu’il advienne.

Je comprends qu’en ces temps troublés on veuille s’armer contre la terreur. C’est humain la peur. On pourrait penser que la guerre est une exception, et qu’il faille donc des mesures exceptionnelles pour vaincre.
Je ne crois pas.

Ce qui fait la force des républiques européennes, c’est justement l’égalité.
On se bat pour qu’il n’y ai pas de dérogations, pas de despote qui se joue des lois, pas d’oligarchie au dessus d’elles. C’est difficile l’égalité. Alors qu’au moins en droit nous demeurions égaux.

Nous n’avons pas besoin de cette déchéance de nationalité. Ce que les fanatiques cherchent à abattre ce sont nos valeurs. C’est pour les conserver qu’il faut nous battre. Des français trahissent leur pays ? Qu’on les juge pour trahison !

Ne créons pas de distinction exceptionnelle qui viendrait entacher les fondements de notre constitution. Katia est tout à fait française, avec ce petit plus spirituel de ceux qui ont vu le monde et sa richesse. Katia est française, elle est bien plus. Plus de culture, plus de mots, plus de traditions, plus de voyages. Ma petite amie est riche de ses mélanges, de ses cultures, elle me nourrie. Elle nous nourrie.
Qu’on ne lui enlève pas des droits, qui la distinguerait encore du reste de ses concitoyens.
Restons égaux.
C’est nos valeurs, c’est notre force.

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