Je t’entends encore

Tu as clos le verrou mais je t’entends encore.
J’efface au stylet doux les macules de tes cuisses, mais je t’entends encore.
Je t’ouïe avachie, les cheveux pris sur la faïence suintante,
Je gomme à la palette ce qu’on ne veut pas voir,
Tu as barré la porte mais je t’entends encore,
Je sens tes doigts dedans, j’ai essayé une fois.
Je sens tes doigts profonds, mes yeux les tiens mouillés.

Une goutte s’écrase sur mon pupitre,
J’enlève la graisse et toutes les tâches,
Sanglot coincé qui ne s’arrachera pas.

La salle de bain est occupée,
Le burger ne passe pas.

Parfois tu dis tout ira mieux,
T’accepter de mes yeux amoureux.
Tu t’es murée dans la salle d’eau
Et je t’entends encore.
Je te dessine des jambes conformes,
Tiges lisses aphones.

Emprisonnée dans ta cellule,
J’entends tes doigts trop loin.
Tu m’en voudras demain.
Cette fois cette image-là ça sera toi,
Ton ventre, tes jambes,
Celle que je bande,
Tu m’en voudras demain.

J’essuie mes yeux mouillés.
Emprisonnée dans ta cellule,
Et je t’entends encore.

 

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