Biohomme, Léo et ses godes

Raconter encore une fois sa transformation.
Saturation.
Réduit à ces années adolescentes.
Cet être rien. Un pur devenir. Une attente.
Perdu dans l’entre deux, sujet sans genre, exclu du monde de l’hypersexe.

Léo voudrait parler présent.

S’engager.
Dire les hormones.
Dire qu’on doit y aller tôt. Pour une enveloppe conforme. S’appartenir au système genre. Corps normal, banal. Corps réussi ?
Douleurs des matins disjoints. Contempler le reflet, et recommencer, et se penser discordant, dissonant, inadéquat.
Moche. Monstre. Raté.

Détailler comment il se soulage de ces années sans vie en portant haut aujourd’hui l’étendard Ohm. Virilité exubérante. Dopée à la T.
Raconter comment il jouit de baiser sans fin, armé de godes énormes, les louves appâtées par la viande, par ses pectoraux dessinés au scalpel.
Révéler le plaisir de séduire les hétéros machos, privés d’abandon, qui rêvent dans des recoins cachés, secrets, d’un cortex muselé, la défonce passive un soir.
Léo les prend tous, princesse délaissée le con en feu et charmant dominant la croupe hurlant.
Léo les prend, et il donne cher.

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