BioHomme #4, Frontière

J’exècre les séparations.
J’exècre les sections, les frontières.
C’est sans doute les douaniers chasseurs qui ont tendance à toujours trouver mes récréations illégales, et m’angoissent dès qu’il me faut traverser un pays.
J’exècre les barrières, les bordures, les enclos.
Mais j’aime les mots, et leurs racines.
Sexe. Section. Sexus.On devrait tous apprendre le latin.

Sexe.
Un concept-mur pour deux humanités.
Fille ou garçon. Mâle ou femelle.
— Tu seras homme mon fils !
Et ceux qui penchent d’un côté et de l’autre, se déchireront sur les barbelés qui découpent la grande famille des hommes.

Je rêve d’un monde uni. De plénitude.
Un endroit où la rondeur d’une courbe remplace la tristesse d’une ligne droite, et ses deux côtés, comme une barrière.

Faut-il que je sois saoul ?
Réenchanter l’humanité… Réinventer l’humain.

Tous des transgenres. Enfin égaux.
Des transgenres .
Mot étrange.
Ou cisgenre, comme pour dire bien dans ses pompes.
Mes deux petites boules et leur enveloppe délicate et douce.
Cet organe unique qui gonfle dès qu’un peu de peau humaine et chaude s’approche de moi.
Ma voix profonde et rauque.
Bien dans mon genre.
Facile.
À pile ou face, j’ai gagné.
À peine né, et déjà, la partie est jouée.

 

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